Annales françaises d'anesthésie et de réanimation
Disponible en ligne depuis le lundi 20 janvier 2014
Doi : 10.1016/j.annfar.2013.12.012
Received : 7 Mars 2013 ;  accepted : 16 December 2013
 
   
 
La préhabilitation : Préparer les patients à la chirurgie pour améliorer la récupération fonctionnelle et réduire la morbidité postopératoire
 
 

C. Debes, M. Aissou, M. Beaussier
Département d’anesthésie-réanimation chirurgicale, hôpital St-Antoine, université Pierre et Marie-Curie Paris 6, hôpitaux universitaires Est-Parisiens, AP–HP, 184, rue du Faubourg-St-Antoine, 75571 Paris cedex 12, France 

 
Résumé
 
Objectif

La préhabilitation consiste à proposer un entraînement physique avant une chirurgie afin d’améliorer la récupération postopératoire.  Cette revue a pour objectif de présenter les modalités d’application et le bénéfice attendu de la préhabilitation sur la récupération fonctionnelle et la morbi-mortalité postopératoire.

 
Sources des données

Les recherches ont porté sur les articles de langue anglaise, dans la banque de données Medline, publiés depuis 1989 jusqu’à 2013. Les mots clés, employés séparément ou en combinaison, étaient : prehabilitation, functional capacity, postoperative morbidity, physical activity .

 
Sélection des travaux

Articles originaux, cas cliniques, revues générales et méta-analyses.

 
Extraction des données

Données sur les modalités pratiques, les avantages et les limites des techniques de préparation physique préopératoire.

 
Synthèse des données

Un mauvais statut physique préopératoire est associé à une morbidité postopératoire accrue. Les personnes âgées sont particulièrement exposées aux complications postopératoires.  L’amélioration du statut physique préopératoire de ces patients est possible et permet de diminuer la morbidité et d’accélérer la récupération après chirurgie lourde.  Afin d’être le plus efficace possible, le programme d’entraînement doit proposer des exercices d’endurance et de renforcement musculaire dont l’intensité doit être adaptée aux capacités physiques initiales du patient.  Une moyenne de trois séances par semaine sur une durée de six à huit semaines paraît un bon compromis entre faisabilité et efficacité.

 
Conclusion

L’efficacité de la préhabilitation a été démontrée en chirurgie cardiovasculaire et probablement en chirurgie abdominale lourde.  Elle doit s’intégrer dans une prise en charge complète du patient, et doit s’associer à une renutrition préopératoire et à des protocoles de réhabilitation postopératoire.  C’est en optimisant toutes les étapes de la prise en charge chirurgicale, du diagnostic à la guérison, que le pronostic des patients les plus fragiles pourra être amélioré.